Osée Joséphine

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Lorsque que j’ai lu le post que Sara  publiait il y a quelques temps sur la vie de Joséphine Baker, je me suis rendue compte que je ne connaissais presque rien de celle qui fut la première icône noire internationale. J’ai donc sauté sur l’occasion de combler cette lacune quand je suis tombée sur la bande dessinée de Catel & Bocquet au hasard d’une virée à ma librairie de quartier. J’en avais, des choses à apprendre… En dévorant les planches en noir et blanc de ce pavé de 460 pages, j’ai réellement pris la mesure du personnage qu’était Joséphine, de l’importance qu’elle avait eue sur la vie culturelle de son époque, et de son rôle dans l’Histoire avec un grand H.

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De sa naissance en 1906 à sa mort en 1975, la BD retrace pratiquement chaque année de la vie de la grande Joséphine, avec un sens du détail remarquable. On perd le compte des lieux où la chanteuse et danseuse s’est produite lors de ses tournées internationales, du nombre de ses maris et de ses amants, de ses enfants adoptifs (à côté d’elle, Angelina Jolie fait pâle figure !), mais on retient son courage, sa bonne humeur en toutes circonstances, sa persévérance, son amour des animaux – elle eut pendant un certain temps une panthère qu’elle promenait en laisse dans Paris – son engagement dans la Résistance, pour lequel elle fut décorée par le général de Gaulle, mais aussi, évidemment, son militantisme contre la ségrégation aux Etats-Unis.

 

C’est aussi en croisant au fil des pages les grands noms qu’a côtoyé Joséphine qu’on se rend compte de ce qu’elle représentait à l’époque : Sydney Bechet, Duke Ellington, Samy Davis Junior et Louis Armstrong, Simenon, Colette, Hemingway , Mallet-Stevens, Adolf Loos et Le Corbusier, Bunuel, Jean Gabin, Mistinguett son ennemie jurée, le général de Gaulle, Hassan II, Martin Luther King et Fidel Castro, Coco Chanel, Edith Piaf, Frida Khalo, Grace Kelly qui l’hébergea avec ses enfants quand, ruinée, elle se retrouva à la porte de son château périgourdin… La liste est interminable.

Mais pour être entièrement honnête avec vous, si j’ai été heureuse découvrir ainsi en images la vie de Joséphine Baker, c’est que cela m’a réconcilié avec elle. Parce que je l’avoue, j’avais un peu de mal avec cette image qu’on a tous d’elle, seins nus, ceinture de bananes à la taille, dans des postures ayant donné lieu à de sordides caricatures. Se pliait-elle ainsi aux attentes d’européens blasés en quête de clichés exotiques ? La BD ne Catel & Boquet m’a appris qu’il n’en était rien. Cette femme dansant libre et presque nue était tout simplement fidèle à l’énergie, à la liberté, à la spontanéité et aux pitreries de la petite Freda Josephine Mac Donald, née en 1906 à Saint Louis, Missouri.

 

Par Asha Meralli.

 

 

Joséphine Baker, Catel & Boquet, Casterman, 26,95 €

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