Marchand d’Habits, du vintage à forte personnalité rue Houdon

 

C’est une boutique qui n’a pas d’enseigne, mais dont les amateurs de vintage, hameçonnés par les pièces fortes exposées en vitrine, ne peuvent s’empêcher de pousser la porte. Prenez garde à vous : une fois qu’on y entre, il devient très difficile de quitter cette caverne d’Ali Baba, dont les portant croulent sous des centaines de vêtements de toutes les époques. Au fond, devisant avec un ou une habitué(e), lisant ou faisant par la pensée boutique buissonnière, se tient le gardien du temple.

 

Toujours bien mis, écharpe de soie autour du cou, parfumé au cigarillos et à l’eau de vie, Patrick Lambert vous dévisage sans un sourire, mais sans sourciller non plus. Il faut donc faire preuve d’une certaine témérité pour oser l’entreprendre. Si vous n’êtes pas de nature intrépide, concentrez-vous sur les tenues bariolées, les vieux parapluies, les sacs, les gants de cuir, les lunettes vintage dont regorgent sa boutique. Sinon, rassemblez votre courage et lancez-vous, vous ne le regretterez pas. Car vous l’aurez compris, Patrick Lambert est un personnage. Déjà ce nom, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi c’est celui d’un personnage de roman. De polar, peut-être… En réalité, c’est plutôt dans le milieu du cinéma qu’évoluait Patrick avant de se lancer dans le vintage. Cinéaste, scénariste, les titres de ses films -non diffusés- évoquent un univers onirico-intellectuallo-romanticomique : Tap tap balloon, Le baiser perché, Le pet des anges, ou encore Que vivent les amateurs

Le lien entre ces deux vies ? Les costumes, et le goût des belles choses.

 

Patrick s’émerveille devant une robe 1860 dont il a retracé l’histoire : fabriqué par une couturière dont la boutique se trouvait Rue de Rivoli, elle est d’une grande modernité et pourrait passer pour une tenue 1920. Du 1920-1930, il en a évidement, mais peu, les pièces se font rares. Quoi qu’il en soit il y a là des fracs, des redingotes, des costumes, des vestes et des pantalons vendus séparément pour ces messieurs, et une foultitude de tenues pour ces dames. Chacun y trouvera son bonheur, pour 5-10-15-20 euros ou plus, mais toujours à des prix raisonnables (par rapport à ceux pratiqués aux Puces par exemple), même pour les vêtements griffés Courrèges, Paul Smith, Dries Van Noten, Issey Miyake ou Kenzo. Allez-j’y donc, sauf si vous cherchez à vous déguiser pour une fête années 80. Pour Patrick, l’histoire de la mode s’arrête en effet à cette époque : « Depuis, les grandes maisons de couture ont été rachetées par de gros groupes. Les stylistes qui les dirigent ont plus pour consigne de chercher le pognon que la créativité. Il y a encore quelques créateurs qui font de belles choses mais c’est devenu rare, alors que la mode française était tellement foisonnante auparavant…”. Qu’on se le dise, Patrick est et restera vintage forever

 

Marchand d’Habits

19 rue Houdon, 75018, 06 18 83 54 87

 

 

Par Asha Meralli

 

No Comments Yet.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *