La la land, le jazz pas vraiment là

Impossible d’y échapper. Vous en avez entendu parler partout… Sur le net, à la radio, à la télé, la critique est dithyrambique. 7 Golden Globes (meilleur acteur et meilleure actrice dans une comédie musicale, meilleure chanson, meilleure musique originale, meilleur scénario, meilleur réalisateur et meilleur film ou comédie musicale). 3 Bafta (l’équivalent des Oscars en Grande-Bretagne pour meilleur film, réalisateur et actrice). Il a aussi été nominé 14 fois aux Oscars et distingué par tout un tas d’autres récompenses de jury plus ou moins prestigieux. C’est LE film musical dont tout le monde parle.

J’ai succombé à l’euphorie ambiante… Impressions.

La recette était parfaite. Deux acteurs hollywoodiens beaux et talentueux (Ryan Gosling, Emma Stone), un film entre histoire d’amour, comédie musicale et blockbuster américain, un réalisateur salué par la critique pour son dernier film (Whiplash) et du jazz. Mais le résultat est décevant.

La bande annonce pour ceux qui seraient passés entre les gouttes…

Dès la scène d’ouverture (coincés dans un embouteillage monstre, les acteurs montent sur leur voiture, chantent et dansent sous un soleil de plomb) un étrange sentiment m’envahit. Une impression de déjà vu. Un sentiment qui va se prolonger durant les deux heures du film. Et pour cause, Damien Chazelle réunit dans son long métrage l’ensemble des références et inspirations qui l’ont construit. Du Demy avec les Demoiselles de Rochefort, du Grease, du Singin’ in the rain et la liste est encore longue. On a plus l’impression d’un joli patchwork effectué avec le travail original d’autres réalisateurs, que d’une création authentique.

Regardez d’ailleurs cette excellente compilation réalisée avec toutes les références du film….

Soit si le film n’est pas particulièrement novateur en terme d’image et de scènes, rabattons nous sur la musique..

Ou pas..

Si vous allez voir La la land pour écouter du jazz, rebroussez chemin, et vite !!

La la land est un film qui parle de jazz mais n’est pas un film sur le jazz ou avec du jazz. Il y est beaucoup moins présent que dans Born to be Blue, le biopic de Chet Baker dont je vous parlais la dernière fois.

Seb (Ryan Gosling) défend le vrai jazz contre la pop/jazz sorte de soupe commerciale dans laquelle il finira par baigner pour ensuite atteindre son objectif : ouvrir son club. Pas de jazz de puriste dans La la land mais une bande-son fraîche et mignonne, c’est déjà ça.

Finalement, si vous allez voir La la land ça sera pour son histoire, une critique piquante du monde impitoyable d’Hollywood. C’est un film sur la difficulté de percer comme artiste et des concessions qu’il faut faire pour y parvenir. Allez le voir pour l’histoire d’amour triste, mélancolique et furieusement réaliste.

Ou sinon, (re)faites vous l’intégrale de Jacques Demy, visionnez Singin’ in the rain (1952), West side story (1961) ou Shall we dance (1937) avec les inimitables Fred Astaire et Ginger Rogers.

Car finalement, l’original vaut toujours mieux que la copie.

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