Kiki de Montparnasse, splendeurs et misères d’une muse

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D’elle je ne connaissais que le surnom, Kiki de Monparnasse, et ses plus célèbres photos prises par Man Ray, telles le Violon d’Ingres et Noire et Blanche. Comme pour Joséphine Baker, ce sont encore Catel Muller et José-Louis Bocquet qui m’ont permis découvrir le parcours plein de vicissitudes de celle qui fut la muse et la maîtresse des plus grands artistes du Paris des années 20.

 

Saviez-vous que Kiki avait peint des toiles et exposé ? Mon non plus. Saviez-vous qu’elle chantait, dansait, et qu’elle avait même eu son propre cabaret ? Moi non plus. Saviez-vous qu’elle avait tourné dans des films, écrit ses mémoires ? Tout cela, on l’apprend dans cette bande dessinée en noir et blanc de près de 400 pages, qui relate les meilleurs et les pires moments de la vie d’Alice Ernestine Prin, née en 1901.

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Splendeurs et misères, grandeur et décadence, elle ressemble à un paysage de montage, cette vie-là. Ca commence tout en bas, dans la misère, à Chatillons-sur-Seine où elle est élevée par une grande mère adorable et adorée, qui nourrit comme elle peut ses petits enfants, tous orphelins ou abandonnés par leurs parents. Puis c’est la montée à Paris chez une mère froide et distante. Kiki commence à travailler dès qu’elle en a l’âge légal (13 ans à l’époque !), apprentie brocheuse, ouvrière, bonne à tout faire dans une boulangerie, elle touche à tout mais son tempérament de feu finit par lui causer des ennuis. Sans emploi, elle commence alors à poser nue. Mise à la rue par sa mère, pour qui être modèle revient à faire la putain, Kiki vit d’expédients, et rêve simplement de pouvoir manger, boire et avoir chaud.

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C’est à 16 ans qu’elle découvre la bohême de Montparnasse et commence à poser pour les plus grands : Soutine, Modigliani, Utrillo, Foujita, Mendjisky (c’est lui qui la surnomme Kiki, un diminutif pour « Aliki », Alice en Grec), et Man Ray bien sûr, sa plus longue histoire d’amour, qu’elle rencontre en 1921. Que lui trouvent-ils tous, à Kiki ? Contrairement aux canons de l’époque elle est gironde et son nez lui donne, selon ses propres termes, « une gueule à couper le vent ». C’est sans doute la lumière qui palpite en elle qui les attire tels des papillons de nuit : une force de caractère, un regard intrépide, un désir de vie impétueux.

 

 

De bals en cabarets, d’inaugurations en dîners mondains, d’expositions en séances de dédicaces, d’un amant à l’autre, la vie de Kiki file, glorieuse souvent, mais de plus en plus marquée par l’alcool – qu’elle a commencé à consommer à 12 ans – et la drogue. ET c’est une muse déchue que Man Ray recroise par hasard à Montparnasse en 1951 : hydropisique, ravagée par les excès, ayant perdu sa voix, la grande Kiki n’est déjà plus. Elle mourra deux ans plus tard. Une vie brève, d’une intensité rare, une vie d’immortelle

 

Par Asha Meralli

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