Eric Esquivel, L’oeil du Lindy Hop

Le Lindy Hop vu par Eric Esquivel
Les amateurs de Lindy Hop l’ont forcément croisé aux abords d’une piste de danse, à Paris, Herräng, ou ailleurs. Les cheveux plus poivre que sel gominés sans excès, la barbe impeccablement taillée, prêt à capturer l’instant. Ses photos, qui reproduisent de façon saisissante le mouvement et l’énergie propres au Lindy sont probablement les plus marquantes de la scène actuelle. Rencontre avec un passionné.

 

 

 

 

 

Quand es-tu tombé dans la marmite du Lindy Hop ?

J’ai commencé en 2009, ma copine de l’époque avait envie qu’on fasse de la danse à deux. On a essayé le rock et le boogie, mais c’est quand on a découvert le Lindy Hop qu’on a vraiment trouvé notre bonheur. Du coup on s’y est mis à fond, on a pris des cours, on a suivi plusieurs stages…

Lindy Hop à Istanbul par Eric Esquivel

Qu’est-ce qui te plaît dans le Lindy Hop ?

La musique pour commencer ! J’écoutais déjà du jazz, le Lindy Hop m’a permis de danser dessus…Et puis la classe d’âge me correspond davantage : plus jeune que celle des danseurs de rock mais plus âgée que dans le milieu pro du boogie. Mais c’est surtout l’esprit qui y règne qui me séduit : les danseurs se retrouvent en soirées, l’ambiance y est chaleureuse, festive, les gens sont souriants, du coup même ceux qui ne savent pas danser s’y sentent les bienvenus. De manière générale c’est une communauté où règne un esprit de partage plutôt que de compétition.

Lindy Shock 2011 par Eric Esquivel

Tu es habillé et coiffé Lindy, tu donnes même des cours, on peut appeler ça une passion non ?

On peut oui ! D’ailleurs mes amis viennent maintenant tous de ce milieu, ma copine aussi… C’est un univers dont j’apprécie la musique et l’esprit mais aussi l’esthétique. Bon, pour les hommes ça n’est pas évident de trouver des vêtements fidèles à l’époque et qui permettent de danser en étant à l’aise, sans se ruiner je veux dire, mais petit à petit je me constitue un dressing digne de ce nom ! Il faut connaître les bons tailleurs, les bonnes adresses, regarder les documentaires et les photos des années 20, 30, 40…

Lindy Hop in Paris par Eric Esquivel

Et la photo dans tout ça ?

J’ai commencé à prendre quelques photos en soirée en 2010, et petit à petit je me suis perfectionné. Aujourd’hui on me demande régulièrement de photographier des événements liés au Lindy Hop mais je refuse la plupart du temps, sauf pour les soirées Brotherswing : cela représente beaucoup trop de travail, et pour gagner ma vie j’ai mon métier dans le web !

 

Quel est le secret de tes photos ?

Haha, c’est une question qu’on me pose souvent ! Pour commencer j’ai un flash puissant, c’est primordial quand on prend des photos de soirée, dans des salles où la lumière est volontairement assez tamisée. Ensuite contrairement à la plupart des photographes je ne cadre pas dans le viseur : j’observe ce qui se passe avec mes deux yeux. C’est important pour ne rien manquer de ce qui se passe, et appuyer sur le déclencheur au bon moment. J’essaie aussi de me positionner au niveau du bassin des danseurs : ça donne une belle proportion aux corps et c’est ce qui apporte véritablement du mouvement à mes prises de vue. Enfin, je n’hésite pas à retravailler mes photos sur photoshop, avec de véritables partis pris esthétiques. Mais comme toujours en photo, il ne faut pas sous-estimer le facteur chance non plus !

Si vous voulez voir la « brève complicité entre la prévoyance et le hasard » chère à Stuart Mill à l’oeuvre dans les autres photos d’Eric , ça se passe par ici!

Propos recueillis par Asha Meralli

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