Born to be blue, le biopic sur Chet Baker

Entre deux swing out et quelques circles, pourquoi de pas aller faire un tour au cinéma? Je ne vous parlerai pas d’un vieux film en noir et blanc, classique retraçant les origines du Lindy hop comme « A day at the races ». Mais plutôt d’une sortie récente, un biopic à l’américaine sur l’une des destinées les plus tragiques du jazz, Chet Baker (1929-1988). Son nom vous dit forcément quelque chose, il a été l’un des plus talentueux trompettiste et chanteur de sa génération et a joué avec les plus grands (Art Pepper et Bil Evans entres autres). Avec Born to be blue, le réalisateur Robert Budreau recompose la vie décomposée du scandaleux trompettiste. A voir avec les oreilles et à écouter avec les yeux.

 

Avec Chet Baker pas de jazz New Orleans et beaucoup moins de swing, c’est le bebop et le jazz West Coast qui se déploient. Ces deux courants musicaux se sont développés durant les années 1950. Révolutionnaire, le bebop veut s’affranchir du swing et de la discipline des big bands. Libre mais lié aux studios hollywoodiens, le jazz West Coast est né en Californie et est le fruit des influences swing, bebop ou encore de la musique classique.

 

Son album, Chet Baker sings (1953) est un véritable succès et va même vous donner une petite envie de swing…

 

Chet est blanc, c’est un soldat des Etats-Unis d’Amérique, il est beau et surtout il est talentueux. Il n’en fallait pas plus à l’Amérique des années 1950 pour faire de lui son idole. Le playboy touché par la grâce de la musique, Ethan Hawke l’incarne parfaitement. Grandeur et décadence, car, s’il est un artiste sensible et talentueux, Chet Baker n’en a pas moins quelques dépendances… Ce qui fait planer le trompettiste, c’est l’héroïne.

 

Ethan Hawke dans Born to be blue (R. Budreau)

Ethan Hawke dans Born to be blue (R. Budreau)

Robert Budreau nous propose un faux biopic de Baker, faux car le film retrace un instant de vie imaginée de l’artiste fondé sur des faits réels.

Ethan Hawke l’explique ainsi : « C’est difficile à décrire, mais disons que si vous êtes tranquille dans votre chambre et que vous mettez un disque de Chet Baker, ce film est celui que vous imagineriez. Il est fidèle à son esprit. (…) C’est une façon de revendiquer l’absence de vérité objective d’un biopic, car nos vies ne sont pas des narrations linéaires avec un début, un milieu et une fin ».

Born to be blue est un instantané d’une période de sa vie entre rédemption et rechute. Compétition avec Miles Davis, doutes, éclats de génie musical, grandeur et décadence. Ethan Hawke EST Chet Baker, artiste maudit en proie à ses démons, séducteur plein de charme. Une performance totale puisque l’acteur interprète même certains morceaux à la trompette.

 

Un film à aller voir pour (re)découvrir un artiste hors normes, s’ouvrir à d’autres styles et surtout pour le plaisir des oreilles.

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